la Chine teste son “Cryptoyuan”

la Chine teste son “Cryptoyuan”

Images de l’application du CBDC

La banque centrale chinoise va tester le tant attendu « cryptoyuan » dans les villes de Xiongan, Shenzhen, Guangdong et Suzhou. Des enseignes comme Starbucks, McDonald ou encore des cinémas vont participer à l’opération.

Big Jinping lance une cryptomonnaie qui n’en a que le nom. Cette nouvelle monnaie digitale va permettre au parti communiste chinois d’accroître son emprise sur la population d’une part et sur le monde d’autre part.

White paper

« White paper » est le nom donné par Satoshi Nakamoto aux quelques pages qui expliquent le protocole du Bitcoin.

Un protocole Open Source que n’importe qui peut donc modifier. Dans le jargon crypto, on appelle cela s’appelle un “Fork”, lorsqu’une blockchain se scinde en deux versions/blockchains différentes. Exemple : Bitcoin Cash. Ce fork du Bitcoin originel fut mis en place pour augmenter le nombre de transactions pouvant être intégrées dans chaque bloc.

Ceux qui savent lire le Chinois peuvent consulter le “White paper” du yuan digital ici. SURPRISE, c’est un scam. Le Yuan digital n’est PAS construit sur une blockchain…

La seule similarité avec Bitcoin consiste en un QR-code à scanner pour initier un paiement… Circulez, il n’y a rien à voir si ce n’est un pétard mouillé. De la part du royaume des contrefaçons, il fallait s’y attendre un peu.

Le CBDC (Digital Currency Electronic Payment) est construit exactement comme le système de réserve fractionnaire des banques lambda. Un premier type de CBDC sera émis par la banque centrale pour les banques privées et un second type de CBDC sera émis par les banques privées.

La grande particularité du CBDC est qu’il n’est pas obligatoire d’avoir un compte bancaire pour l’utiliser. Il suffit que deux téléphones dotés du wallet pour initier un paiement, même sans internet. On imagine donc déjà les millions de personnes qui se feront arnaquer…

Le président Chinois nous a tous roulé dans la farine en faisant l’éloge de la blockchain il y a quelques mois… La banque centale chinoise (PBOC) avait toutefois vendu la mèche le 23 décembre en déclarant que « le yuan serait différent du bitcoin »… Peut-être faudra-t-il aussi attendre Noël pour avoir les vrais chiffres concernant les victimes du coronavirus.

En somme, même Bitcoin Diamond est une plus grande menace pour Bitcoin que le shitcoin chinois…

La fin du cash déguisé en « cryptoyuan »

Beaucoup l’auront oublié mais voici ce que les chercheurs de la PBOC avaient déclaré en 2018 :

« La monnaie digitale permettra de mettre en place des taux négatifs. »

Sun Guofeng, directeur des recherches de la banque centrale chinoise (PBOC) en 2018

Environ 3 700 000 milliards de yuans (500 000 milliards $) ont été échangés sous forme de paiement digital en 2019, soit seulement 1/5 du total. Ce qui n’est pas du goût des banquiers communistes qui ambitionnent de taxer l’épargne avec des taux négatifs. Le but étant d’inciter à la consommation et ainsi maintenir une croissance de 6 % du PIB par an.

Pour le dire autrement, ceux qui préfèrent vivre sobrement se feront voler leur argent par les banquiers… Ce fascisme financier vise à faire de chaque mandarin un consommateur compulsif sous peine de se faire racketter. Il s’agit d’un acharnement jusqu’au-boutiste quand on sait que nous avons franchi le pic pétrolier en 2008 (hors pétrole de schiste) et que le monde est à l’aube d’une décroissance forcée…

En attendant, la propagande continue d’accuser les billets de banque d’être des vecteurs de transmission du virus. Tout est prétexte à la stigmatisation du cash. Le gouvernement distribue même des “coupons digitaux” (hélicoptère monnaie) seulement à celles et ceux qui ont des applications de paiement digitales…

Il est pratique ce virus quand même…

Crédit social

Ce n’est plus un secret, la Chine note ses citoyens et prive de liberté ceux qui ne veulent pas entrer dans le moule. Le totalitarisme à la chinoise se sert de la technologie pour créer des armées de clones à la pensée unique. Pour ce faire, l’algorithme doit savoir ce que chacun achète afin d’affiner les notes au centime près…

Voici un petit florilège de privations de libertés en cas de note trop basse : connexion internet ralentie, taux d’emprunt et impôts plus élevés, voyages en avion ou en train interdits, humiliation publique sur les écrans de cinéma, temps d’attente plus long pour se soigner, etc.

De quoi passer l’envie d’acheter trop d’alcool ou un ticket pour un groupe de rock dissident…

Nous aussi, occidentaux, sommes espionnés, analysés, profilés et classés. Tout le monde garde en mémoire le scandale Cambridge Analytica… Cette firme de profilage psychologique a passé au crible les données de plus de 80 millions d’américains avant de les classer selon 32 types de personnalités en vue de les bombarder de manière chirurgicale avec des fakes news et des messages de propagande sur-mesure.

Les billets permettent d’acheter ce que l’on veut de manière anonyme, sans craindre la surveillance de tous les plaisirs que l’on s’offre. Mais qui sait combien de temps encore, nous autres occidentaux, allons jouir de cette liberté ?

La dystopie chinoise a pris de l’avance et nous ferions bien de ne pas entrer dans cette course au totalitarisme. Notez toutefois que MasterCard vend vos historiques d’achats à google…

Belt and Road Initiative

La seule caractéristique digne d’intérêt du CBDC est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un compte bancaire pour l’utiliser. En d’autres termes, n’importe qui dans le monde pourra utiliser la monnaie chinoise sans passer par sa banque.

Cet attribut s’emboîte parfaitement dans le projet des nouvelles routes de la soie par lesquelles la Chine veut connecter l’Asie à l’Afrique et l’Europe. L’idée est que les populations se trouvant sur ces routes commerciales puissent télécharger le wallet CBDC et court-circuiter les structures financières existantes. (A ce titre, l’affaire Huawei est très probablement liée au CBDC.)

En effet, si vous voulez faire des affaires avec le reste du monde, vous devez passer par une banque membre du réseau SWIFT. Il n’y a pas d’autre moyen. Or SWIFT est dirigé par un conseil d’administration composé de 25 sièges qui soutiennent à 80 % des fesses d’occidentaux. Son président est le boss de CityBank, la plus grande banque du monde…

Le réseau SWIFT stocke actuellement les secrets de plus de 11 000 banques. Il noyaute l’ensemble des transactions internationales et peut donc débrancher n’importe quel pays du système bancaire mondial. Un pays en fait actuellement les frais : l’Iran.

Les perses ont été déconnectés de SWIFT par l’oncle Sam qui cherche à préserver son hégémonie monétaire.

L’empire US repose sur le pétrodollar. L’expression “pétrodollar” est utilisée pour rappeler le fait que tout le pétrole du monde est vendu exclusivement en dollar. La majorité des guerres américaines ont pour but d’empêcher que les pays exportateurs de vendre leur pétrole dans une autre monnaie que le billet vert.

L’Iran (et le Venezuela, aussi sous embargo) refuse de vendre son or noir en dollar. Pire, le pays accepte le Yuan chinois. Casus Belli...

Ce n’est pas un hasard si la Chine est le seul pays au monde osant braver l’embargo américain sur l’Iran. Tout comme l’Oncle Sam, l’empire du milieu aimerait aussi bénéficier du privilège exorbitant (pétrole contre papier)…

Bitcoin, monnaie internationale

Ce serait mal connaître les Américains que de croire qu’ils laisseront s’amorcer la de-dollarisation du monde sans coup férir. Donald Trump vient d’ailleurs d’ordonner à sa flotte de guerre de “détruire” les patrouilles maritimes iraniennes qui s’approcheraient de trop près…

On a l’impression qu’une étincelle pourrait transformer la guerre commerciale et monétaire Sino-Américaine, en guerre tout court. Il existe toutefois une solution pour éviter la confrontation : utiliser une monnaie internationale équitable.

John Maynard Keynes avait imaginé une monnaie mondiale dès 1944. Le « Bancor ». Le projet a finalement été abandonné lors de la création du FMI car les Américains comptaient bien profiter d’une Europe en ruine pour faire du dollar la nouvelle monnaie internationale par excellence.

Ce n’est que plus tard, en 1969, que le FMI se dota du DTS (droit de tirage spécial). Cette monnaie a d’ailleurs récemment été ressortie du placard par Emmanuel Macron afin « d’aider » les pays africains à combattre le coronavirus qui a décidément bon dos.

Malheureusement, le DTS est constitué d’un panier de monnaies largement en faveur de l’occident (dollar 41 %, euro 30 %, yuan chinois 10 %, yen japonais 8 % et livre sterling 8 %). Pas sûr que cette répartition convienne à la chine, première économie mondiale (à parité de pouvoir d’achat)…

La seule monnaie pouvant apaiser les relations entre Washington et Pékin est une monnaie qui ne profite à personne en particulier. Une monnaie décentralisée. J’ai nommé, le Bitcoin…

Rends à César ce qui appartient à César

La monnaie est actuellement un outil de domination. Le Dollar offre aux américains un privilège exorbitant dont leur train de vie dépend quasiment exclusivement. Sans pétrodollar, les États-Unis ne pourraient pas dépenser 700 milliards par an dans leur machine de guerre. Ils ne pourraient pas faire leur loi partout dans le monde.

Le bras de fer géomonétaire entre deux empires qui ambitionnent une domination régionale, sinon globale, ne s’arrêtera qu’avec une monnaie apatride. Une monnaie émise par un FMI aux ordres de Washington ne fera pas l’affaire…

L’or physique ou digital (Bitcoin) doit revenir au centre du commerce international. Tant que les Américains ne renonceront pas à leur privilège monétaire, la Chine persistera dans son projet pharaonique des routes de la soie, à un moment où l’humanité doit fortement réduire ses émissions de CO2 pour protéger les générations futures…

Source

Print Friendly, PDF & Email